Une échéance importante approche en Israël : outre les élections, le gouvernement de Tel-Aviv devrait attribuer les marchés pour la construction de la colonie baptisée « E1 », située dans une partie du centre de la Cisjordanie, avec pour objectif manifeste de rompre la continuité territoriale palestinienne et d'anéantir définitivement la perspective d'une solution à deux États. Le projet de colonie E1 est manifestement illégal au regard du droit international et prévoit la construction de 3 400 logements sur des terres appartenant à des villages bédouins. L'intention de l'État hébreu de rendre impraticable la seule voie susceptible de résoudre définitivement le conflit israélo-palestinien apparaît clairement ; si l'on considère la tactique attentiste adoptée par Netanyahu par le passé — à une époque où un accord semblait possible —, son comportement actuel revêt une tout autre signification et révèle un projet bien différent : celui qui est en train de se concrétiser. Malgré les condamnations exprimées de manière isolée et non coordonnée par plusieurs États — dont l'Italie, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada —, il a manqué une action coordonnée de plus haut niveau, c'est-à-dire, pour les pays européens, une initiative menée par l'Union européenne. Or, en vertu des traités signés par ses membres, Bruxelles a l'obligation institutionnelle d'agir face aux violations du droit international. Malgré les appels répétés de hautes personnalités de l'Union, l'action reste bloquée ; la responsabilité principale incombe à deux États, l'Allemagne et l'Italie, dont l'obstruction empêche toute initiative commune et, de fait, porte atteinte aux valeurs européennes — des valeurs dont ces deux pays sont pourtant des membres fondateurs. Pour Berlin, perdure le choix hypocrite de ne pas prendre position contre Israël en raison de la responsabilité liée à la Shoah, ce qui permet à Tel-Aviv de poursuivre son projet de génocide des Palestiniens ; pour l’Italie, il s’agit en revanche d’un choix de convenance visant à ne pas contrarier Trump, principal soutien de l’État hébreu et de ses exactions. Pendant ce temps, la violence israélienne ne faiblit pas : la situation à Gaza est particulièrement critique et le nombre de Palestiniens tués depuis le cessez-le-feu du 11 octobre 2025 s’élève à 1 400 personnes. C’est la preuve concrète qu’Israël n’a jamais cessé ses violences ; le bilan total des victimes à Gaza s’établit d’ailleurs à 74 000 personnes massacrées, souvent par des méthodes interdites par les conventions internationales, une situation aggravée par les restrictions imposées par Tel-Aviv — notamment le blocage des approvisionnements alimentaires, du matériel médical et même des services d’eau potable. Ces mesures ont engendré des urgences sanitaires qui apparaissent comme autant d’instruments supplémentaires d’élimination de masse. En Cisjordanie, la situation n’est guère meilleure : au cours des trois dernières années, les violences perpétrées par les colons, souvent soutenus par l’armée régulière israélienne, ont fait 1 200 morts, s’accompagnant d’actions et d’incursions toujours plus violentes contre les propriétés palestiniennes. Israël cautionne ces agissements au mépris de la décision de la Cour internationale de justice. Malgré ces preuves évidentes, l’Union européenne a jusqu’ici manqué l’occasion de sanctionner Israël de manière adéquate et, plus précisément, d’empêcher les actions des colons ainsi que la construction de la colonie E1 — par exemple en interdisant le commerce avec les colonies illégales et en sanctionnant les institutions financières et les prestataires de services participant à leur construction. La réunion des 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union se tiendra le 12 octobre prochain ; elle devra être l’occasion de redonner sa dignité à l’Union européenne et de tenter de lui conférer le rôle de premier plan qu’elle devrait jouer sur la scène internationale. C’est le moment de passer aux actes pour protéger les populations civiles — non seulement à Gaza et en Cisjordanie — et de faire preuve de la volonté nécessaire pour respecter les impératifs institutionnels qui doivent être ceux de Bruxelles.
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